Pesticides et pauvreté
1,3 million d’euros pour impliquer les fermiers africains et les victimes d’intoxication dans les conventions internationales.
Londres, le 30 mars 2005
Les coûts élevés de l’usage non réglementé des pesticides sur la santé des fermiers et l’environnement mondial ont fini par attirer l’attention du monde entier. Le Pesticide Action Network (PAN), une alliance internationale composée de plus de 600 sociétés civiles, d’organisations environnementales et des fermiers au niveau mondial, lance un projet de 1,3 million d’euros pour impliquer les fermiers et les victimes des intoxications causées par les pesticides dans la mise en œuvre de conventions internationales cruciales destinées à réduire les dangers des pesticides sur les humains et l’environnement. Commandité par l’EU, le projet va durer trois ans.
En 2004, deux conventions internationales sont entrées en vigueur, interdisant la production des pesticides les plus dangereux et leur commercialisation sur le plan international. Outre la législation courante extensive et les codes de conduite sur la gestion des produits chimiques, la protection de l’habitat et de la faune, les droits du travail, la santé et la sécurité, des instruments existent maintenant pour mettre un terme aux décès et à la pollution causés par les pesticides, particulièrement dans les pays en voie de développement.
« Il s’avère indispensable que les fermiers africains connaissent ces instruments, pour se protéger et améliorer leurs conditions de travail et de vie afin d’atteindre le niveau dont jouit les fermiers des pays développés » dit Barbara Dinham, Directrice de PAN UK (Royaume Uni). Le nombre et la gamme d’accords internationaux peuvent être bouleversant même pour les experts, ainsi PAN collabore avec la société d’avocats Ecosphère à Bruxelles pour créer un petit et convivial guide destiné aux différentes conventions. Les versions nationales de ce guide et les évènements de formation communautaire joueront un rôle de conscientisation et devrait mener à une gestion plus rationnelle des pesticides. »
« Mais c’est une relation mutuelle », dit Sarjeni Rengam, Directeur Exécutif de l’organisation partenaire, PAN Asia Pacific. « Les conventions ont également besoin de la collaboration des fermiers pour collecter les informations nécessaires, et contrôler les violations des codes. » Par exemple, la Convention de Rotterdam dresse une liste, particulièrement celle des pesticides toxiques qui provoquent des dégâts inadmissibles sur la santé et l’environnement, une alerte rapide aux autres gouvernements qui sont entrain d’examiner s’ils doivent enregistrer ou pas ce pesticide dans leur pays. Pour mettre un produit chimique sur la liste, un gouvernement doit montrer des preuves de dégâts causés dans son pays. L’OMS estime que 3 millions de personnes sont victimes d’intoxication de pesticide chaque année et que 200.000 d’entre eux meurent. Mais, « les pays en voie de développement non pas très souvent les moyens de contrôler ces intoxications, ainsi ils ne sont pas à mesure de prouver que ces dernières sont causées par des pesticides.
PAN AP forme les collectivités agricoles et les travailleurs dans les plantations à contrôler les effets sur la santé causés par les pesticides qu’ils utilisent eux mêmes. A partir de cette expérience, ils vont former les cultivateurs africains à faire de même. En même temps, PAN africa va établir une collaboration entre les responsables du gouvernement et les organisations communautaires. Cela va assurer que les résultats de supervision de la santé communautaire pourront être utilisés à une dimension internationale pour soutenir une forte action par les gouvernements et les régulateurs en luttant contre les pesticides nocifs.
« L’objectif de ces Conventions est d’aider les fermiers pauvres qui souffrent le plus des dégâts subsidiaires du pesticide » dit Abou Thiam, Directeur de PAN Africa. « Cependant, ils ne sont pas souvent au courant des activités internationales, et n’en sont pas concernés. Ce projet est une très bonne occasion pour les fermiers et les régulateurs internationaux d’unir leurs forces autour d’un problème qui représente un véritable casse-tête pour eux tous. « Yahya Msangi de l’Union des Travailleurs des Plantations de la Tanzanie renchérit : « je vois l’avantage que ce projet peut apporter à nos organisations, notre réseau et au pays dans son ensemble», tandis que Silvani Mng’anya de AGENDA (Tanzanie) ajoute « puisque le projet implique un groupe représentatif de décideurs, de régulateurs, de chercheurs, d’organisations de fermiers et de la société civile, il pourra fournit un terrain adéquat, pour des solutions harmonisées à la santé communautaire et aux dangers environnementaux causés par l’usage du pesticide. »
Notes pour les éditeurs
1. La Convention de Stockholm pour les POPs est entrée en vigueur le 17 mai 2004. La Convention de Rotterdam sur le PIC (Consentement Préalable donné en Connaissance de Cause) est entrée en vigueur le 24 février 2004.
2. Les directives unifiées et la liste de Contrôle pour la mise en œuvre comprendra au moins : La Convention de Stockholm, de Bâle, celles de Bamako, ILO Conventions 184 (Convention sur les produits chimiques), le Protocole de Montréal, le Protocole de Biosécurité, les codes du FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) et de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les relations avec les activités initiées par l’IFCS (Forum intergouvernemental sur la sécurité chimique) et d’autre processus appropriés.
3. Des activités plénières du projet seront menées au Sénégal et en Tanzanie, y compris le tissage de relations entre les organisations non gouvernementales et responsables de gouvernement chargés de la mise en œuvre des conventions, qui peuvent toutes être inclues dans la formation sur le contrôle des impacts environnementaux des pesticides.
4. Les ONG en Ethiopie, au Bénin et au Cameroun pourront également participer aux activités du projet dont la formation et la gestion intégrée des insectes nuisibles et les projets-pilotes organiques en compagnie des services consultatifs de l’agriculture.
5. Le projet finance également 6 projets de recherche décrivant des cas d’études qui démontrent l’urgence d’utiliser les instruments juridiques existant pour réduire les risques causés par les pesticides.
Eloise Touni, PAN UK, eloisetouni@pan-uk.org
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