Projet Alimentation et Equité : Changement dans les filières horticoles pour l’amélioration des conditions de vie et une meilleure protection de l’environnement sain en Afrique
Les revenus d’un nombre important de femmes, d’hommes et d’ouvriers agricoles en Afrique dépendent des exportations agricoles. Dans des pays Afrique, Caraïbe et Pacifique (ACP), 45 millions de personnes dépendent des exportations horticoles, en grande partie achetées par des supermarchés. L’exportation des fruits et légumes frais destinés au marché européen est actuellement influencée par la préoccupation des consommateurs sur la qualité sanitaire des aliments et l’utilisation des pesticides. La nouvelle réglementation européenne sur les limites maximales de résidus et d'autres pressions vont marginaliser davantage des producteurs africains à petite échelle. Une alimentation sure et saine est aussi importante pour les consommateurs africains. Ainsi des pratiques durables appliquées sur les cultures d'exportation auront une influence importante sur la production destinée à la consommation locale.
Les pesticides sont souvent utilisés sans discernement et dans de très mauvaises conditions dans plusieurs pays africains. Les producteurs appliquent des pesticides dangereux sans équipements appropriés de protection et sans avoir reçu de formation. L’utilisation inappropriée des pesticides peut causer des effets néfastes sur la santé et l’environnement. La contamination d’aliments et d’eau est une importante voie d’empoisonnement. Le contrôle de la qualité sanitaire des aliments est presque inexistant dans des pays africains. Une mauvaise utilisation des produits chimiques peut aussi créer des problèmes de résistance des ravageurs réduisant ainsi les rendements et les revenus au lieu de les augmenter.
Pesticide Action Network (PAN) United Kingdom en collaboration avec PAN Africa, PAN Germany et Stichting Natuur Milieu (Pays-Bas) ont démarré en janvier 2005 un projet de trois ans financé par l’Union Européenne. Il s’agit d’un projet de démonstration des changements pouvant être opérés en direction de la pauvreté en milieu rural africain à travers l’augmentation du niveau de responsabilité des entreprises, la collecte d’information au niveau des producteurs et l’augmentation de la capacité des consommateurs européens à informer sur les décisions éthiques concernant l’acquisition des produits horticoles.
Le projet a pour objectif d’informer et de motiver des groupes clés en Europe pour soutenir les méthodes plus sûres, plus justes et plus durables de production agricole qui améliorent les conditions de vie des paysans africains et fournissent des aliments de qualité exigés par les consommateurs. Il s’agit plus spécifiquement :
• d’utiliser le fait que des consommateurs européens se préoccupent de la qualité des aliments pour éveiller la conscience sur les effets néfastes des pesticides sur la santé, l’environnement et les conditions de vie des producteurs et des travailleurs agricoles ;
• de susciter des changements dans les systèmes de production et de commercialisation qui menacent de limiter l’accès des producteurs à petite échelle aux marchés européens par des campagnes de sensibilisation du public et des consommateurs ;
• d’encourager les supermarchés, les industries alimentaires et les importateurs à appuyer les petits exploitants qui pratiquent les solutions durables de gestion des ravageurs ;
• de faciliter le dialogue entre les acteurs du secteur agricole et alimentaire, les consommateurs, les ONGs de développement et les donateurs en Europe et les secteurs agricole et gouvernemental en Afrique afin de livrer aux petits exploitants des options durables et appropriées de gestion des ravageurs.
Trois résultats principaux sont attendus :
• initiatives de responsables d’industries alimentaires démontrant la faisabilité d’appuis aux producteurs africains d’exportations horticoles sur la base des pratiques justes et éthiques respectueuses de la santé et de l’environnement ;
• reconnaissance des responsabilités partagées dans la diffusion des informations qui promeuvent des méthodes de production plus sûres pour réduire l’exposition aux pesticides dangereux et aux résidus de pesticides à travers la filière d’approvisionnement horticole ;
• augmentation de conscience et d’engagement de certains consommateurs au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas pour l’acquisition des pesticides tout en respectant l’éthique.
Julienne Kuiseu chargée de projet PAN Afrique |